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Les pointes (4e partie) : l’initiation aux pointes, lentement mais surement

Il est normal pour l’élève qui débute les pointes de vouloir reproduire tout ce qu’elle connaît; et peut-être même d’imiter les danseuses plus avancées qu’elle a pu admirer.

CE N’EST PAS UNE BONNE IDÉE!!!

On peut s’imaginer que danser sur pointes ressemble aux demi-pointes, mais en réalité, rien ne prépare complètement à centrer et à supporter tout son poids sur le bout de ses orteils. Ainsi, l’élève qui veut éviter dangers, accidents, larmes et frustrations, suivra rigoureusement les consignes de son professeur, et celui-ci procédera très lentement durant la première année d’apprentissage des pointes.

C’est où au juste « sur pointes »?

Cela implique de se tenir bien au centre du sommet de sa pointe. Invisible mais tout aussi essentiel, les orteils doivent être pointés en longueur et non recroquevillés, ce qui requiert des fléchisseurs d’orteils bien forts.

Le corps en entier est « sur pointes »

Bien danser sur pointes exige un bon alignement bassin-tronc, le contrôle de l’en dehors, le plein allongement des jambes sans hyper-extension et des pieds à la fois forts et souples. C’est pourquoi il est important d’avoir acquis ces bases avant de débuter les pointes, et de continuer des exercices de renforcement ciblés en classe de ballet, de pré-pointes ou à la maison.

La première année sur pointes

On peut consacrer trente à quarante-cinq minutes à la leçon de pointes, sachant que vingt minutes d’exercices sur pointes seront probablement bien assez! On procédera lentement, prenant le temps de renforcer les muscles des chevilles et des pieds, et d’établir les bonnes habitudes corporelles sur pointes.

Une classe de quarante-cinq minutes pourrait se dérouler comme suit :

  1. Exercices de renforcement – Effectués en chaussettes ou nu-pieds, ces derniers ciblent les muscles des pieds et des chevilles.
  2. Déplacements à plat et sur demi-pointes – Les pointes aux pieds, marcher d’un pas naturel, tout en articulant bien les pieds. On peux aussi marcher et courir sur demi-pointes. Les pointes sont assouplies naturellement et on développe l’aisance dans les déplacements.
  3. Exercices techniques de base – Effectuer quelques exercices de base (pliés, dégagés à terre, jetés, etc.) sans monter sur pointes. Insister sur l’articulation et le centrage des pieds (évitant la tendance à rouler en raison de la semelle sur-élevée).
  4. Élevés sur deux pieds – Face à la barre, effectuer lentement des élevés sur deux pieds en 6e et 1re position. Insister sur le passage par demi-pointes à l’aller comme au retour. Intégrer des moments d’arrêt et d’équilibre sur pointes (les bras en 1re position), ainsi que des demi-pliés à plat pour détendre les pieds et bas de jambes. Lorsque bien contrôlés, les élevés lents peuvent se faire avec une main à la taille.
  5. Relevés et échappés – Face à la barre, effectuer des relevés en 1re position et des échappés de 1re à 2de. Rechercher une poussée rapide et dynamique du demi-plié à la pleine pointe avec les jambes bien allongées. Tenir la position sur pointes, puis atterrir en demi-plié les deux pieds à la fois. Au départ, les relevés se font sans déplacer les orteils. Cette action s’ajoute lorsque les qualités de base sont bien intégrés.
  6. Pas marchés sur pointes – Marcher sur pointes d’un pas naturel (articulant le genou lorsque la jambe avance) en longeant la barre pour un soutien au besoin. Effectuer sans la barre lorsqu’en confiance.

Lorsque ces bases sont bien intégrées, on peut s’inspirer du Programme RED d’enseignement de la danse classique, secteur loisir, pour poursuivre l’évolution.

 

À suivre – partie 5 : Exercices de renforcement – pieds et chevilles


Portrait de Dominique Turcotte

Un article de Dominique Turcotte

Diplômée de l’École nationale de ballet du Canada et licenciée de l’Imperial Society of Teachers of Dancing, Dominique Turcotte a enseigné quatre ans au Ballet national avant de s’établir à Québec en 1983. Elle fut directrice générale et pédagogique de L’École de danse de Québec de 1985 à 2009. Très impliquée dans le développement de son milieu, elle a siégé sur plusieurs conseils d’administration et comités professionnels aux niveaux régional, provincial et national. Sa contribution au développement de la danse à Québec lui a valu plusieurs reconnaissances, incluant le prestigieux prix Femmes de Mérite du YWCA dans la catégorie Arts et Culture (2009).

Depuis 2011, Dominique se consacre à l’enseignement à titre de pigiste. Elle a été professeure invitée dans une douzaine d’institutions au Québec, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse.

Dominique est membre fondatrice du Réseau d’enseignement de la danse. Coauteure du programme RED pour l’enseignement de la danse classique, elle enseigne occasionnellement lors de ses stages de développement professionnel. Elle est également membre du comité pédagogique aviseur du RED et contribue régulièrement à son blogue et à ses divers comités et activités.

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