Pleins feux sur l’organisme La Danse sur les routes — Entrevue avec Pierre-David Rodrigue

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Pleins feux sur l’organisme La Danse sur les routes — Entrevue avec Pierre-David Rodrigue
Rédactrice : Charleyne Bachraty

Valoriser la danse, créer des ponts entre les lieux de diffusion, permettre une écologie de la danse solide et florissante dans tout le Québec : tout un programme pour La Danse sur les routes ! Son directeur, Pierre-David Rodrigue, ne cache pas sa fierté lorsqu’il évoque tous les chantiers en cours. L’organisme qui a récemment fêté ses 25 ans, n’entend pas s’arrêter là, et ne cesse de développer de nouvelles avenues pour faire rayonner la danse, et pour faire résonner l’expression « Ensemble, on va plus loin ».

 

 

Quelle est la mission de La Danse sur les routes?

Pierre-David Rodrigue : L’organisme La Danse sur les routes a été fondé pour favoriser la présence de la danse sur le territoire québécois à l’extérieur des grands centres. Plus précisément, notre mission se décline en trois grands piliers : l’appui à la diffusion, le développement des marchés et le développement des publics de la danse, et nous portons nos actions aussi bien à l’échelle locale, qu’à l’échelle nationale ou internationale.

Pourquoi a-t-il été créé ?

PDR : À l’origine, il est né de la volonté du milieu de la danse contemporaine de faire connaître son style, et ce, en dehors des grands centres. Mais c’était il y a 25 ans. Aujourd’hui, l’organisme a élargi son champ d’action à des pratiques et des esthétiques diverses : danse traditionnelle québécoise, gigue contemporaine, flamenco, flamenco contemporain, ballet, danses autochtones, street dance… Donc, notre but, c’est vraiment de favoriser et de soutenir la rencontre du citoyen, et le développement de marché de tous ces styles, au Québec. 

Quels sont les autres services offerts par La Danse sur les routes?

PDR : On peut dire que nos services s’articulent autour de trois thématiques. Premièrement, nous effectuons en continu un travail de concertation avec nos membres et nos partenaires, afin d’avoir l’heure juste sur la réalité du terrain, les enjeux, les réussites… Dans un même ordre d’idée, l’organisme s’implique énormément avec d’autres associations dans le groupe de travail portant sur la fréquentation des arts de la scène. Et à une échelle plus grande, nous avons une alliance nationale de réseau de danse pancanadienne avec laquelle nous sommes très proactifs. 

Au niveau des services plus concrets, nous offrons un volet formation aux artistes qui souhaitent développer des compétences de diffusion, mais aussi aux diffuseurs, qui veulent acquérir des compétences et des connaissances plus abouties de la danse, de son esthétique, des médiations culturelles du milieu. Ensuite, et depuis 10 ans, nous proposons un programme d’accompagnement - « Jouer dehors » - pour les artistes en danse in situ. Un groupe de pairs sélectionne une cohorte de spectacles et d’artistes, et lui fait bénéficier d’un encadrement soutenu. La finalité du processus de promotion collective est de diffuser les spectacles dans l’espace public. C’est un très bon moyen de faire rayonner la danse hors les murs, dans des lieux atypiques, un peu partout sur le territoire.

L’autre événement de l’organisme, c’est sa biennale Parcours Danse qui revient en novembre 2023. Pour cette édition, nous avons la chance de collaborer avec Focus Québec de la Maison Théâtre, afin qu’une partie de cet événement soit consacrée à la danse jeune public. 

Enfin, l’appui à la diffusion est notre autre grand axe de réflexion et d’actions. Le Québec compte 32 salles, et chacune est une partenaire que l’on soutient financièrement pour son engagement envers la danse. Ces salles présentent des spectacles, des formations, partagent leurs données, participent à des rencontres de concertation… Leur implication et notre soutien financier sont définitivement un gage de développement de la danse partout au Québec.

Pouvez-vous nous partager des exclusivités ou des activités à venir?

PDR : Nous aurons le plaisir de participer à l’événement RIDEAU en février, dont la programmation Off inclut entre autres, un 5 à 7 ouvert à tous les professionnels de la danse. En parallèle de l’édition 2023 du FTA (Festival TransAmériques à Montréal), nous avons prévu des rencontres et des discussions avec les programmateurs québécois, afin qu’ils puissent découvrir des propositions locales et internationales, agrandir leurs perspectives… D’autre part, nous continuons bien sûr de travailler sur des projets transversaux, proches de nos valeurs. En premier lieu, le développement territorial, toujours dans une volonté de s’impliquer au niveau local avec les gens. Nous avons aussi un gros chantier en cours sur les enjeux de diversité, d’équité, et d’inclusion, en réfléchissant notamment sur la manière de déhiérarchiser les styles de danse. Nous travaillons également à offrir une représentation plus grande des artistes autochtones en danse. Et puis, nous avons notre volet écoresponsabilité et développement durable qui demande beaucoup d’énergie ! Mais malgré l’ampleur de la tâche, nous restons positifs. L’important pour l’équipe, pour l’organisme, c’est vraiment d’inscrire nos initiatives dans le temps, en veillant à ce qu’elles soient toujours plus profondes et plus significatives.

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