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Pour un milieu plus inclusif

8 octobre 2020
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Ces dernières années, la société québécoise s’est sensibilisée à différents sujets visant l’inclusion, l’égalité et le développement durable. Les gens sont plus conscients des enjeux environnementaux, l’égalité des genres et autres, mais aussi, la multiplicité est valorisée. Nous sommes d’accord que la représentativité compte. Comme professeur de danse, nous côtoyons des jeunes et des adultes de divers milieux. Nous devons, plus que jamais, être ouverts aux différences. Modèles pour nos élèves, nous devons favoriser un climat d’inclusion et de partage dans nos classes et mettre à profit les bagages et les défis qui nous sont offerts. De quelles façons pouvons-nous y arriver?

Rester informé

Avec l’évolution rapide et omniprésente des technologies de l’information, difficile de rester ignorants. L’accès à l’information est facile. Il suffit de s’y intéresser et de comprendre les enjeux actuels. Pourquoi, demandez-vous? Nul besoin de faire de la politique dans nos cours, pas vrai? Et pourtant… Indirectement, nous sommes confrontés, ou du moins, potentiellement susceptibles à des situations délicates, névralgiques. L’appropriation culturelle, par exemple, est un enjeu sensible, particulièrement dans le milieu artistique. En tant qu’artistes, nous aimons expérimenter et découvrir de nouveaux styles de danse, de mouvements, de cultures, etc., mais comment s’ouvrir sur le monde et l’apporter à nos élèves sans s’attribuer une voix qui n’est pas la nôtre? Savoir comment partager l’information adéquatement est essentiel afin d’être un vecteur de diffusion et non UN, sinon LE modèle. S’informer permet d’être à jour dans l’évolution des pensées et des contextes. Le savoir aide à trouver les outils ou les moyens de favoriser les discussions et l’ouverture à l’autre.

Ne rien prendre pour acquis

Il est naturel de porter rapidement un jugement sur une situation ou une personne. Cependant, il faut savoir amener la réflexion plus loin et voir au-delà de la première impression et des stéréotypes.

Par exemple, lorsqu’un élève rencontre des difficultés motrices, de motivation ou de comportement, est-il possible que le problème se trouve dans un autre aspect de sa vie? Cela n’a peut-être aucun lien avec le cours en soi ou avec sa personnalité.

Néanmoins, c’est à nous que revient l’obligation de gérer et d’améliorer les conditions. Creuser un peu plus loin, se renseigner et parler avec les élèves (ou les parents) s’avèrent souvent les solutions les plus simples et les plus efficaces. Aussi, penser à l’extérieur du cadre permet non seulement de se réinventer, mais cela aide à inclure la majorité. Un style vestimentaire n’est pas garant d’une préférence musicale, tout comme une limitation physique, une couleur de peau ou une orientation sexuelle ne peuvent servir d’excuse pour isoler, diminuer ou encore stigmatiser un élève.

Il en va de soi n’est-ce pas? Cela semble évident! Pourtant, encore aujourd’hui certains élèves, pour diverses raisons, ne se sentent pas à leur place dans les cours de danse. Sans nous en rendre compte, nous pouvons blesser, intimider ou encore engendrer des sentiments négatifs chez nos élèves. Malgré nos bonnes intentions, il faut rester sensible aux expériences et au quotidien de chaque individu. Nous devons réfléchir à nos pratiques. Prendre conscience de l’évolution des pensées et des actions à prendre afin d’assurer à tout un chacun la chance de s’accomplir à travers la danse. Les nouvelles générations d’élèves et de professeurs sont souvent bien à l’affût de ses nouveaux défis. Soyons à l’écoute et soyons perspicaces! Tout le monde en sortira gagnant. 

Si vous avez aimé cet article, vous aimerez lire Comment servir une clientèle de différentes cultures? et La danse adaptée et la danse intégrée : au-delà de la différence, la danse pour tous!.


Marie-Pier Fortier rédige des articles de blogue pour le Réseau d'enseignement de la danse

Un article de Marie-Pier Fortier

Bachelière en danse contemporaine profil interprétation (Université du Québec à Montréal), Marie-Pier Fortier a débuté sa formation jeune. Après une initiation au ballet jazz, elle a pratiqué différents styles de danse et cumule une quinzaine d’années d’expérience en enseignement dans les milieux récréatif et scolaire. Observatrice et pédagogue, elle aide les gens à se surpasser et à trouver leur propre façon de bouger en plaçant la créativité au cœur de son travail. Bien qu’elle accorde beaucoup d’importance à la technique, elle ne devrait selon elle jamais être travaillée au détriment du plaisir. Depuis quelques années, Marie-Pier s’intéresse au yoga et suit une formation professionnelle en Danga auprès de Mylène Roy.

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