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À QUOI SERT LA TECHNIQUE? La conscientisation des élèves et ses bénéfices…

18 février 2020
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Pourquoi est-ce nécessaire d’enseigner la technique?

Le terme « technique » englobe l’ensemble des procédés, méthodes et règles associés à une activité. 

Avant d’écrire une phrase, nous devons mémoriser l’alphabet, intégrer les rudiments de la grammaire, et écrire des mots faciles avant les plus complexes. Avant d’interpréter une partition musicale, nous devons étudier les bases de la musique et pratiquer des mélodies simples. Avant de bien jouer au tennis, nous devons apprendre à tenir notre raquette et à frapper la balle de manière efficace, développer notre coordination et anticiper l’endroit où la balle atterrira pour assurer un bon retour.

Ces exemples illustrent des éléments techniques qu’il faut apprendre, pratiquer et intégrer si nous souhaitons atteindre un bon niveau de performance. C’est exactement la même chose en danse!

Tous les genres et les styles de danse comportent des éléments techniques. Bien sûr, certains de ces procédés, méthodes et règles comportent également des aspects artistiques et esthétiques, mais ils visent avant tout l’exécution claire et juste des pas et des mouvements, le contrôle physique, la précision, l’efficacité du geste, l’intégrité du corps, et la justesse de l’énergie déployée pour une performance raffinée, exempte d’efforts musculaires exagérés et de tensions inutiles. 

Les bénéfices d’une bonne technique sont nombreux et incluent :

  • l’exécution juste, efficace et harmonieuse des pas de base;
  • la capacité de lier ceux-ci dans des phrases de mouvement;
  • un développement musculaire équilibré, tant au niveau de la souplesse que de la force et de l’endurance;
  • une bonne connaissance des capacités et des limites de son corps;
  • l’intégration des différentes dynamiques et qualités de mouvement;
  • une pratique saine sur le plan physique qui contribue à diminuer le risque de blessures, et
  • l’acquisition des qualités esthétiques et artistiques propres au genre ou au style.

Au fil du temps, un bon entraînement physique et technique développe une sorte de « pilote automatique », autrement nommé la « mémoire musculaire ». Une fois acquise, cette mémoire musculaire permet littéralement au danseur « d’oublier » sa technique, libérant son corps et son esprit pour se consacrer à l’interprétation artistique, aux émotions et à la musicalité qui font de la danse un art, et non un sport, en dépit de ses grandes exigences sur le corps.

Acquérir une bonne technique implique des années de formation, un nombre incalculable de pratiques des mouvements, et beaucoup de patience et de persévérance. Il s’agit d’un aspect vital de la classe, que l’élève danse une fois par semaine, ou tous les jours.

Conscientiser ses élèves…

Tout ceci étant dit, il appartient au professeur de conscientiser ses élèves sur les bénéfices concrets d’une bonne technique, et aussi sur la satisfaction qu’ils peuvent retirer lorsqu’ils se donnent à cent pour cent avec application et rigueur, patience et persévérance.

Ceci dit, un danger nous guette en tant qu’enseignant, et c’est celui d’être tellement préoccupé à inculquer une bonne technique et une bonne préparation physique, que l’on offre à nos élèves trop peu d’occasions pour « bouger » et « s’exprimer » par la danse.

C’est pourquoi le RED préconise un enseignement qui assure un développement global. Un enseignement qui développe en parallèle les aspects tant artistiques et expressifs de la danse, que ses composantes physiques et techniques.

Un enseignement qui permet le développement du sens des lignes, l’exploitation des différentes dynamiques et qualités du mouvement, l’acquisition d’un bon sens de déplacement dans l’espace et la capacité de doter sa danse d’expressivité et d’émotions.

En tant que pédagogues, nous devons viser le juste milieu et assurer à nos élèves une formation globale, axée autant sur le développement de la sensibilité artistique que sur l’acquisition des qualités physiques et techniques souhaitables. 

En tant que pédagogues, nous devons nous assurer qu’à chaque leçon, peu importe l’âge et le niveau des élèves, nous les exposons à la magie de l’expression artistique et aux nombreux pas de danse qui contribuent à développer leur sens artistique, tout en leur procurant le sentiment de « réellement danser ».

Technique et artistique – à jamais unis!

Portrait de Dominique Turcotte

Un article de Dominique Turcotte

Diplômée de l’École nationale de ballet du Canada et licenciée de l’Imperial Society of Teachers of Dancing, Dominique Turcotte a enseigné quatre ans au Ballet national avant de s’établir à Québec en 1983. Elle fut directrice générale et pédagogique de L’École de danse de Québec de 1985 à 2009. Très impliquée dans le développement de son milieu, elle a siégé sur plusieurs conseils d’administration et comités professionnels aux niveaux régional, provincial et national. Sa contribution au développement de la danse à Québec lui a valu plusieurs reconnaissances, incluant le prestigieux prix Femmes de Mérite du YWCA dans la catégorie Arts et Culture (2009).

Depuis 2011, Dominique se consacre à l’enseignement à titre de pigiste. Elle a été professeure invitée dans une douzaine d’institutions au Québec, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse.

Dominique est membre fondatrice du Réseau d’enseignement de la danse. Coauteure du programme RED pour l’enseignement de la danse classique, elle enseigne occasionnellement lors de ses stages de développement professionnel. Elle est également membre du comité pédagogique aviseur du RED et contribue régulièrement à son blogue et à ses divers comités et activités.

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