Petit guide de l’alignement postural

Lorsqu’on parle d’alignement du corps en danse, on réfère à ce qui est communément appelée la « posture ». Un bon alignement est important pour la majorité des genres de danse. Il protège les muscles, les os, les articulations, les ligaments et le cartilage du corps; il améliore la performance en facilitant les mouvements de danse; il contribue à une saine technique qui diminue le risque de blessures; et sur le plan esthétique, il aide à créer de belles lignes.

Deux types d’alignements posturaux

Il existe deux types d’alignement :

1 – L’alignement neutre qui réfère au bon placement du corps à la verticale en position debout, et

2 – L‘alignement dynamique qui réfère à la séquence « d’actions-réactions » du corps en mouvement.

Une bonne gestion de l’alignement, tant neutre que dynamique, assure la stabilité et la mobilité du corps dans un grand rayon d’action, et permet au danseur de passer harmonieusement d’un mouvement à un autre.

Évidemment, l’alignement neutre ne concerne pas seulement le corps immobile, car de nombreux pas de danse s’effectuent à la verticale. Pensons entre autres aux pliés, élevés et relevés, développés devant et seconde, pirouettes en retiré et sauts de base.

Pour illustrer les « actions-réactions » de l’alignement dynamique, prenons l’exemple d’un grand battement derrière. Dans celui-ci, le corps débute en alignement neutre, puis le bassin bascule et le tronc avance au fur et à mesure que la jambe lève. À la descente de la jambe, le corps effectue le chemin inverse pour retrouver l’alignement vertical.

On peut conclure de cet exemple, que l’alignement neutre et l’alignement dynamique sont étroitement interreliés et souvent indissociables.

Points de repère en alignement neutre

En alignement neutre, le bassin, la cage thoracique, et la tête s’empilent directement au-dessus des jambes et des pieds.

Vu de côté avec les pieds en parallèle, imaginez une ligne verticale qui part du centre du crâne. Lorsque le corps est bien aligné, cette ligne passe par le lobe de l’oreille, le centre de l’épaule, le centre de la cage thoracique, le centre de la hanche et le centre du genou, pour se terminer juste devant la malléole (os de la cheville).

Lorsque le danseur est en en-dehors, la ligne verticale suit le même trajet jusque sous le genou, puis se termine un peu plus vers l’avant du pied.

Notez qu’en alignement neutre, les courbes concaves et convexes de la colonne vertébrale sont respectées, tout en étant légèrement allongées.

Autre fait intéressant : l’alignement juste du bassin influence la posture du corps tout entier. Il s’agit en quelque sorte de la zone clé pour établir et maintenir un bon alignement.

Effets d’un mauvais alignement

Puisqu’une bonne gestion de l’alignement facilite les mouvements et contribue aux lignes souhaitables, on peut déduire qu’un mauvais alignement nuit aux lignes de la danse et à l’aisance du danseur. Pis encore, un mauvais alignement en danse augmente considérablement le risque de blessures. Pourquoi? Parce qu’un mauvais alignement génère une pression malsaine sur les articulations, en disposant le poids trop à l’arrière, à l’avant ou sur les côtés des jointures. Ce qui occasionne des compensations dans le corps tout entier. À la longue, ce mauvais usage du corps se traduit par des blessures qui affectent principalement les chevilles, les genoux, les hanches et la région lombaire du dos.

Comment améliorer sa posture?

Il faut commencer par développer sa conscience corporelle globale. Un bon moyen pour débuter serait de valider (et de corriger au besoin) son alignement au début et à la fin de chaque exercice.

Par contre, pour intégrer un bon alignement en mouvement, l’élève doit apprendre à se « connecter » aux sensations émanant de son corps lorsqu’il danse, et apporter les ajustements nécessaires en cours de route.

Bien sûr, il existe des exercices de conditionnement pouvant renforcer les muscles centraux qui contribuent à un bon alignement. Ces derniers peuvent d’ailleurs être très efficaces, mais sans la prise de conscience mentionnée, ils auront peu d’effet.

Par ailleurs, effectuer des exercices de conditionnement en classe peut sérieusement gruger sur le temps de danse. C’est pourquoi quantité d’enseignants conçoivent des « routines » de travail corporel que les élèves doivent effectuer avant chaque leçon (avec ou sans supervision selon l’âge et le niveau) ou à la maison.

Une bonne posture, c’est pour la vie!

Pour conclure, le jeune danseur qui veut réellement améliorer son alignement doit prendre conscience de sa posture non seulement pendant ses leçons de danse, mais dans sa vie de tous les jours!

Faites le calcul. Même si on s’entraîne plusieurs heures par semaine, il y a bien plus d’heures passées dans les activités quotidiennes. Ainsi, en dehors de la danse comme en classe, il faut souvent vérifier sa manière de se tenir, de s’asseoir, de se déplacer… et apporter les correctifs nécessaires… jusqu’à ce que la bonne habitude remplace la mauvaise… et qu’on n’ait plus à y penser.

Au début, on doit se corriger tout le temps, puis de moins en moins… et éventuellement, on se fait dire par de purs étrangers « Ah! Toi, tu fais surement de la danse! »

Paroles de velours, que vous pouvez aussi mériter!


Portrait de Dominique Turcotte

Un article de Dominique Turcotte

Diplômée de l’École nationale de ballet du Canada et licenciée de l’Imperial Society of Teachers of Dancing, Dominique Turcotte a enseigné quatre ans au Ballet national avant de s’établir à Québec en 1983. Elle fut directrice générale et pédagogique de L’École de danse de Québec de 1985 à 2009. Très impliquée dans le développement de son milieu, elle a siégé sur plusieurs conseils d’administration et comités professionnels aux niveaux régional, provincial et national. Sa contribution au développement de la danse à Québec lui a valu plusieurs reconnaissances, incluant le prestigieux prix Femmes de Mérite du YWCA dans la catégorie Arts et Culture (2009).

Depuis 2011, Dominique se consacre à l’enseignement à titre de pigiste. Elle a été professeure invitée dans une douzaine d’institutions au Québec, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse.

Dominique est membre fondatrice du Réseau d’enseignement de la danse. Coauteure du programme RED pour l’enseignement de la danse classique, elle enseigne occasionnellement lors de ses stages de développement professionnel. Elle est également membre du comité pédagogique aviseur du RED et contribue régulièrement à son blogue et à ses divers comités et activités.

© 2018 Réseau d'enseignement de la danse. Tous droits réservés.