Compétitions de danse : est-ce une bonne option pour votre enfant?

24 octobre 2018
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Depuis quelques années, les compétitions de danse attirent de plus en plus de jeunes. Est-ce une bonne option pour votre enfant? C’est une question importante à se poser et je crois sincèrement que plusieurs critères méritent d’être vérifiés avant d’entraîner un enfant en vue d’une compétition.

LE COACH

Le coach qui encadre l’équipe doit avoir une saine approche des compétitions et vouloir le meilleur pour son groupe. Viser la première place est certes un objectif louable mais il est préférable de profiter du défi qu’offre la compétition pour encourager les élèves à se surpasser et livrer une bonne performance. Pour ma part, je tiens à ce que les miens soient fiers d’eux en quittant la scène. S’ils ont le sentiment d’avoir donné le meilleur d’eux-mêmes et offert une belle prestation, ils sont déjà gagnants! La satisfaction personnelle et la chimie entre les différents membres du groupe sont plus importantes que le classement final.

Sans minimiser le plaisir associé à une victoire, il faut garder en tête que trois ou quatre juges composent généralement le jury. Le résultat de la compétition relève donc de leur appréciation personnelle et n’est pas forcément représentatif de ce que la majorité du public en a pensé. Le coach doit être suffisamment ouvert d’esprit pour accepter la critique et utiliser les commentaires faits par les juges pour améliorer la pièce et la performance de ses élèves. Cela lui permettra de mieux se préparer pour de futures compétitions ou pour le spectacle de fin d’année de l’école où il enseigne.

En tant que parents, vous devez vous assurer que ces critiques soient transmises à votre enfant de manière respectueuse et non dégradante. J’ai déjà croisé des coachs qui grondaient littéralement leurs étudiants et leur imposaient des punitions. Cela peut s’avérer très dommageable pour leur confiance en eux et mettre un frein à leur passion. Le message communiqué aux participants à une compétition devrait avant tout valoriser le dépassement de soi et l’amélioration continue sur la base des commentaires formulés par le jury.

LES COMPÉTITIONS

Le choix des compétitions est important. Il ne faut pas seulement se fier à l’importance ou à la médiatisation d’une compétition donnée pour y inscrire ses étudiants mais aussi tenir compte des valeurs qu’elle véhicule :

  • L’hypersexualisation n’est pas tolérée;
  • Le jugement se fait autant techniquement qu’artistiquement, selon un barème juste et clairement défini;
  • La sécurité des danseurs est une priorité, autant sur scène que dans l’ensemble des installations;
  • L’événement promeut le dépassement de soi, le respect mutuel et l’objectivité des juges;
  • Les niveaux de compétition sont logiques et clairement énoncés (on juge des élèves avec une expérience similaire).

Le respect de ces critères garantit une expérience gratifiante à tous points de vue.

LES PARENTS

Moi-même maman, j’ai tendance à trouver que le groupe de ma fille est toujours le meilleur… mais je dois apprendre à rester objective. Je conseille toujours aux parents d’assister aux événements pour être témoins des autres performances et mieux comprendre le choix des juges. Ils risquent ainsi moins de contester le résultat de la compétition.

Voir son enfant se dépasser et se dévouer entièrement à sa passion n’a pas de prix, tout comme l’encourager en direct. Même s’il dit le contraire (verbalement ou par son comportement), votre présence et votre soutien sont très précieux. Il n’osera peut-être pas l’avouer sur le moment mais il s’en rendra compte plus tard. J’ai souvent vu des élèves déçus – parce que leurs parents étaient absents à une compétition ou ne comprenaient pas leur passion pour la danse – moins bien performer.

LES PARTICIPANTS

Avant de prendre part à une compétition, il faut accepter le fait qu’il n’y a qu’une seule première position. Viser le podium est normal et sain mais il faut bien comprendre ce que cela implique. Vous devrez répéter souvent et longtemps en classe et à la maison, en plus de bien écouter les indications et corrections du chorégraphe. Mes trois meilleurs conseils sont : répéter, répéter et… répéter. Faire toujours les mêmes mouvements peut être lassant mais rappelez-vous que vous interprétez toujours votre pièce différemment. Vous appliquez de plus en plus de corrections, enrichissez votre interprétation et développez votre confiance et votre aisance sur scène. Les nombreuses répétitions contribuent aussi à créer des liens forts et une chimie au sein du groupe. Cela vous apportera beaucoup, autant collectivement qu’individuellement.

On observe souvent de l’animosité entre les groupes en compétition. Si vous respectez et encouragez les autres danseurs présents, vous vous sentirez moins stressés et sous pression. Il est beaucoup plus agréable de vivre cette expérience dans la bonne humeur et avec le sourire! Il est par ailleurs très stimulant de constater que de nombreuses personnes partagent votre passion partout dans la province et au pays.

CONCLUSION

La compétition est un bon choix pour votre enfant si certains critères sont respectés. L’expérience doit avant tout viser le plaisir et le dépassement de soi. S’il sort de scène heureux et fier de sa performance, il a gagné la plus belle des premières places!


Un article de Marie-Ève Marcotte

Depuis 1984, Marie-Ève Marcotte pratique plusieurs styles : classique, jazz, moderne, contemporain, pointes, hip hop et lyrique. Elle enseigne depuis plus de vingt ans à des élèves de 3 à 50 ans (niveaux débutant, élémentaire, intermédiaire, avancé et semi-professionnel) et a remporté quatre fois la première place avec ses élèves dans trois compétitions différentes, ainsi qu’un «Hit of the day» à la compétition «Hit the floor Lévis». Elle a récidivé en 2016 avec trois premières places et une troisième place puis en 2017 avec deux premières places et une troisième place. Elle a personnellement gagné deux premières places avec un solo aux compétitions IDance et Hit the floor Lévis en 2016.

Marie-Ève affectionne le mélange de la technique et de la créativité. Elle cherche à communiquer différentes émotions aux spectateurs, avec l’objectif de transmettre le plaisir de danser et de favoriser l’accomplissement de ses élèves. Membre du Réseau d’enseignement de la danse depuis plus de dix ans, elle se forme tous les ans avec Lynn Simonson et Teresa Perez Ceccon lors du stage Simonson. Elle détient la certification RED d’enseignement de la danse jazz (niveaux 1 à 7) et de la danse classique (niveaux 1 à 7), en plus d’agir comme formatrice, évaluatrice et blogueuse pour le RED.

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