Le froid a-t-il un impact sur mon corps et mes performances en danse?

29 novembre 2017
dans

Le temps de l’année où la noirceur se fait sentir trop tôt et que le froid transperce nos vêtements de lycra est arrivé! Ce texte mettra en lumière les effets négatifs du froid sur le corps humain qui pourraient affecter votre santé corporelle pour favoriser une pratique sécuritaire de la danse même par temps froid.

Les changements de température drastiques

Les cours de danse ne sont pas annulés pour cause de froid (sauf dans certain cas extrême). Ce faisant, les petits et grands danseurs ainsi que leurs enseignants (es), doivent affronter certains désagréments pour se rendre à leur activité : vent, neige, -20◦, etc. Le fait de passer de notre salon affichant une température se situant en moyenne autour de 21◦ explique de lui-même que le passage à l’extérieur est alors très marqué.

Le corps humain est à une température d’environ 37◦. Celui-ci possède un contrôle interne qui lui permet de s’adapter aux changements de température. S’il fait froid, le corps frissonnera (hérissement des poils), ce qui activera les muscles en surface et créera ainsi de la chaleur. Par la suite, d’autres phénomènes se produiront pour palier à la perte de chaleur si le froid persiste (consultez le chapitre 11 du livre en référence de cet article pour approfondir vos connaissances). Chaque personne ne réagira pas de la même façon aux changements de température. Lorsque celui-ci est drastique (de 21◦ dans notre salon à -20◦ dehors plus les rafales de vent), notre corps est alors moins rapide à s’adapter à cette importante différence.

Les désavantages du froid sur le corps

Le froid a plusieurs impacts négatifs sur un corps qui se prépare à danser :

  • Muscles crispés, donc moins prêts à réagir aux différents mouvements proposés.
  • Muscles moins souples, ne favorisant pas une amplitude articulaire adéquate.
  • Circulation sanguine concentrée vers les centre du corps et moins en périphérie.
  • Articulations plus raides.
  • Attention et concentration limitées.

« Au froid, le muscle s’affaiblit et se fatigue plus vite » (Wilmore, Costill & Kenney, 2009). Il est certain que la danse n’est pas une activité prolongée à l’extérieur comme s’il était question d’un triathlon, mais les impacts du froid sont les mêmes à plus petite échelle.

Astuces pour diminuer les désagréments

  • Bien s’habiller pour passer de l’extérieur à l’intérieur : tuque, mitaines, manteau, survêtement supplémentaire si par exemple nous sommes en legging ou en collant. C’est logique, mais il est important de nous le rappeler et de véhiculer ces bonnes pratiques auprès des élèves. Une affiche rappelant ces principes peut être mise dans le studio de danse ou les professeurs peuvent faire une petite capsule en fin ou début de classe pour rappeler l’importance de bien se couvrir pour éviter les blessures et autres maladies (rhume, grippe) qui affectera la pratique dansante.
  • Utiliser un système de couches, c’est-à-dire plusieurs épaisseurs de vêtements. Au début de la classe, les vêtements procurent au corps un « emballage » de chaleur. Au fur et à mesure que l’élève va bouger, le corps se réchauffera et le danseur pourra enlever des pelures pour être plus libre dans ses mouvements en ayant bien pris le temps d’aider son corps à se réchauffer.
  • Apporter des vêtements de rechanges secs pour la fin du cours afin de ne pas ressortir au froid avec des vêtements mouillés et humides.

Sur ce, préparons-nous à affronter l’hiver pour les prochaines semaines à venir! Par chance, la danse réchauffera nos cœurs.

Références

WILMORE, J.H., COSTILL, D.L. & KENNEY, W.L. Physiologie du sport et de l’exercice. 4e édition. De Boeck. (536p.), 2009.


Marie-Joanie Raymond est chargée de projet pour le Réseau d'enseignement de la danse

Un article de Marie-Joanie Raymond

Marie-Joanie Raymond danse depuis 1995. Elle a d’abord pratiqué le jazz avant d’élargir ses compétences à la claquette, au contemporain, au moderne et au hip hop. Guidée par sa passion débordante pour la danse et son goût pour les nouvelles expériences, elle détient un double DEC en sciences humaines et en danse (Cégep de Saint-Laurent), ainsi qu’un diplôme en kinésiologie (Université de Sherbrooke). Elle enseigne différents styles de danse dans plusieurs écoles de loisir, en plus de participer chaque année à de nombreux stages et formations. Depuis 2017, Marie-Joanie est directrice générale de l’organisme Au Nom de la Danse-Québec, qui a pour mission d’offrir des cours de danse adaptée et intégrée à des
personnes vivant avec une limitation fonctionnelle.

© 2018 Réseau d'enseignement de la danse. Tous droits réservés.