Enseigner la danse, c’est mon métier

10 septembre 2019
dans

La plupart des métiers requièrent une formation et de l’expérience, peu importe le domaine. Par exemple, le choix d’une adjointe administrative se fera après avoir analysé les études, l’expérience et évalué les compétences. Il en va de-même pour l’électricien ou le pâtissier. Bien sûr, tout le monde peut cuisiner un gâteau à la maison, mais il ne devient pas pâtissier professionnel pour autant. Cela demande des années d’études, de travail, de pratique et de perfectionnement. Au même titre, devenir un enseignant en danse nécessite des années de travail, de la formation, du perfectionnement et même une spécialisation. Ce n’est pas parce qu’on enseigne la danse jazz qu’on a les compétences pour enseigner du Hip Hop. Approfondir un genre de danse suffisamment pour l’enseigner demande du temps, beaucoup de temps! 

Les connaissances essentielles à l’enseignement de la danse 

L’enseignant en danse devrait idéalement avoir une formation initiale en enseignement de la danse ou un solide parcours en danse. Des formations complémentaires et de la formation continue sont aussi nécessaires puisque c’est un milieu en constante mouvance et il faut se maintenir à jour. 

Par exemple, il faut connaître l’anatomie du mouvement et le corps humain, qui est l’outil de travail du danseur. Il faut bien le comprendre pour offrir un enseignement adéquat selon l’âge, la croissance, la physionomie et le niveau de l’élève. La rythmique et la musicalité sont essentielles pour choisir des musiques adaptées et enseigner adéquatement aux élèves à compter la musique. La pédagogie nous aide à la gestion d’une classe, il faut comprendre le développement physique et psychologique des enfants, etc.

La réalité sur le terrain est pourtant loin de cela…

Les préjugés face au métier d’enseignant en danse

Choisir d’étudier en danse et d’en faire sa carrière est souvent surprenant et même inquiétant pour l’entourage. Quand j’ai décidé d’étudier en danse, il y a de cela déjà plus de 20 ans, j’ai dû faire face à beaucoup de jugements, de préjugés et même de blagues par rapport à mon choix de carrière! Encore aujourd’hui, en tant qu’adulte et enseignante en danse, ça perdure! Je me fais fréquemment demander ce que je fais « d’autre » dans la vie, quel est mon « vrai » métier. Comme si d’enseigner la danse n’était pas un métier en soi, comme si ce n’était qu’un passe-temps de moindre importance. Je suis propriétaire d’une école de danse depuis 11 ans, je dirige plus de 220 élèves, je possède un D.E.C. et un baccalauréat en danse et je dois encore justifier, sensibiliser et expliquer mon projet de carrière.  

La danse, c’est beau et ça émerveille dans les spectacles ou à la télévision, mais les gens ne réalisent pas que pour atteindre ce niveau professionnel, les danseurs ont d’abord foulé les planchers des écoles de danse de loisir et qu’ils ont eu des professeurs formés, de qualité et inspirants!

Il ne fait nul doute qu’il y a encore un grand travail d’éducation et de sensibilisation à faire auprès de notre clientèle et de la population. Je crois que cette sensibilisation devrait aussi se faire avec le secteur professionnel en danse afin de créer des partenariats avec des formateurs qualifiés. C’est la pérennité de nos écoles de danse, et tout particulièrement de celles en région, qui en dépend. C’est aussi la valeur de notre métier qui est en jeu, car notre profession n’est tellement pas valorisée qu’il est difficile d’assumer de s’y orienter. Conséquemment, on remarque une pénurie de professeurs de danse qualifiés sur le terrain.

Pénurie de main d’oeuvre en enseignement de la danse

Trouver un professeur compétent, surtout en région, est une tâche bien difficile. La formation initiale se fait rare et se donne dans les centres urbains. Donc, en région, la relève est absente, d’où l’importance de bien former nos élèves afin d’assurer la pérennité de nos écoles! C’est aussi essentiel de participer à des stages de formation continue et de perfectionnement, comme ceux du RED, pour augmenter le niveau et s’assurer d’être à jour dans notre enseignement.

Mais la question se pose : pourquoi n’y a-t-il pas plus de professeurs en danse ?

Est-ce parce qu’on n’y croit plus?
Parce qu’on a oublié, comme professionnel, qu’on est tous issus du secteur loisir?
Parce qu’on ne valorise pas l’importance d’investir en loisir?

Peut-être que la solution serait d’abord de reconnaître l’importance de notre secteur loisir et d’une formation adéquate pour les enseignants en danse, pour le développement de cette profession. 

Cet enjeu ne concerne pas seulement les écoles de danse de région. La pénurie a un impact sur tout le secteur de la danse, puisque des élèves de grande qualité pourraient émerger de nos écoles. Il y a des artistes en devenir qui sont oubliés au Québec et qui pourraient pourtant entrer dans les écoles supérieures ou être recrutés par des compagnies. 

La valorisation de notre métier, au même titre que celui d’électricien, de secrétaire, de menuisier, de pâtissier… est à la base d’enjeux réels et importants. J’espère et je souhaite qu’un jour, je puisse dire à mon enfant : « Vas-y, fais des études en enseignement de la danse, car je sais que tu auras un VRAI métier ! »   


Un article de Alexandra Savard

Diplômée en danse du Cégep de Drummondville et Bachelière en danse à l’UQAM, Alexandra Savard enseigne la danse depuis un peu plus de 16 ans. Après avoir quitté sa région natale pendant huit ans pour entreprendre des études en danse et faire une immersion de quatre mois en Indonésie dans le but d’apprendre la danse balinaise, elle revient à ses racines dans Charlevoix afin d’y fonder son école de danse. Son objectif est de transmettre sa passion pour la danse, la rendre accessible, et ce même en dehors des grands centres. Elle fonde son école en 2008 et elle y enseigne principalement le jazz, le contemporain, la danse créative et depuis maintenant trois ans, la danse adaptée. Au courant des 10 dernières années, Alexandra a participé à plusieurs formations de perfectionnement et à de nombreux stages de danse au sein du RED. 

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