Les courbatures : mythes et réalités

Les courbatures : mythes et réalités
14 novembre 2018
dans

Qui n’a pas connu des lendemains d’entraînement un peu douloureux? Au réveil, les muscles sont endoloris et tendus. On semble avoir moins de mobilité dans les articulations et certains mouvements du quotidien deviennent désagréables pendant quelques jours. Ce sont ces fameuses courbatures. Un phénomène courant mais assez méconnu, même si beaucoup de théories populaires circulent sur leurs causes et les traitements possibles. Voici donc un petit point explicatif pour savoir comment réagir en cas de courbatures.

Qu’est-ce que les courbatures et comment les prévenir ?

Les courbatures peuvent survenir aussi bien chez les sportifs réguliers que chez les personnes qui reprennent une activité physique. Ce sont des douleurs musculaires diffuses qui apparaissent entre 12 et 72 h après un effort intense ou inhabituel. Elles disparaissent progressivement dans les deux à cinq jours suivants. Ces lésions résultent de contractions musculaires répétées et/ou intenses. Ces microtraumatismes déclenchent des réactions inflammatoires bénignes mais toutefois indispensables à la réparation musculaire. C’est ce qui crée la sensation d’avoir les muscles tendus.

QUELQUES mythes sur les courbatures

1. «L’acide lactique est responsable des courbatures!»

Faux! Ce n’est pas la présence d’acide lactique qui cause les courbatures. Lors d’une activité physique modérée, le corps produit de l’énergie par une réaction chimique qui implique de l’oxygène (aérobie). Quand l’effort est intense au point où l’oxygène n’est plus suffisant pour fournir toute l’énergie nécessaire, le corps crée de l’énergie autrement (anaérobie). Dans ce cas, une réaction produit de l’acide lactique. Ce dernier est bien responsable des douleurs et des brûlures musculaires pendant l’effort mais il est éliminé au bout d’une heure maximum après l’arrêt de l’exercice, autrement dit bien avant l’apparition des courbatures.

2. «La douleur signifie que l’entraînement était efficace…»

C’est également faux! Vous pouvez très bien travailler en profondeur et gagner en force musculaire sans avoir à subir de douleurs musculaires après chaque entraînement. D’ailleurs, des niveaux élevés de douleur pourraient s’avérer dangereux. Si vous dépassez la capacité de votre muscle à outrance, cela compromet la bonne réparation de vos tissus.

3. «Les étirements permettent d’éviter les courbatures!»

Les étirements en fin de classe sont bénéfiques pour un certain nombre de raisons : meilleure circulation sanguine, mobilité accrue au quotidien, réduction des tensions musculaires liées au stress, etc. Par contre, ils ne préviennent pas l’apparition des courbatures. D’ailleurs, beaucoup d’autres théories circulent sur les moyens d’enlever les courbatures : l’hydratation, les massages, les bains chauds ou au contraire la cryothérapie. Si tout cela a effectivement des bienfaits sur le bien-être physique, on ne peut pas pour autant parler d’un traitement concluant contre les courbatures. Seul le temps peut effectivement faire disparaître ces sensations douloureuses.

Quoi faire avec les courbatures ?

La prévention reste l’outil le plus efficace pour éviter les courbatures. Pour commencer, il s’agit de bien préparer votre corps et vos muscles à l’entraînement. La phase d’échauffement – qu’on veut trop souvent faire passer à la trappe – est vraiment importante. En danse, il est courant de voir les danseurs se préparer pour la classe en s’étirant. Ce n’est pas un échauffement! Une bonne préparation consiste à faire augmenter le rythme cardiaque de façon à alimenter les muscles en oxygène et ainsi les préparer à fournir un effort. Il s’agit donc de se mettre en mouvement tranquillement en insistant sur les muscles et les types de mouvement prévus dans la séance de sport. Il est aussi recommandé de respecter son corps : relever des défis, oui, mais en respectant ses capacités physiques. Par ailleurs, si vous reprenez le sport ou commencez une nouvelle activité, ne sautez pas les étapes et entraînez-vous de façon progressive. Votre corps vous en remerciera!


Mélanie Boisliveau rédige des articles de blogue pour le Réseau d'enseignement de la danse

Un article de Mélanie Boisliveau

Mélanie Boisliveau a suivi une formation en ballet, néoclassique et modern jazz en France dès son plus jeune âge, au sein de programmes sport-études proposant des entraînements préprofessionnels en danse. Avide d’élargir ses horizons et de développer ses compétences artistiques et pédagogiques, elle est venue parfaire sa pratique à Montréal et a obtenu le diplôme du Baccalauréat en danse de l’UQÀM en 2017. Lors de cette formation universitaire, elle a appris et participé à des processus de création auprès de chorégraphes reconnus tels que Dominique Porte, Danièle Desnoyers et Todd Lawrence Stone. En parallèle, elle a contribué comme journaliste pigiste au magazine web Dfdanse et a dansé dans plusieurs projets in situ, notamment dans le cadre du festival Mode&Design et du 375e anniversaire de Montréal. Aujourd’hui interprète, Mélanie a participé à des performances créées pour le laboratoire Passerelle 840, le Ballet de Québec et le Festival Quartiers Danses, en plus d’enseigner la danse créative et contemporaine et le ballet à Ballet Hop!

© 2018 Réseau d'enseignement de la danse. Tous droits réservés.