Chorégraphie imposée ou création collective?

Spectacle de danse : chorégraphie imposée ou création collective?
30 janvier 2019
dans

Il y a plusieurs façons de travailler en vue du spectacle de fin d’année. Les deux plus populaires sont d’imposer une chorégraphie à son groupe ou de privilégier la création collective. Chaque option est valable mais certains points sont à prendre en considération.

LA CHORÉGRAPHIE IMPOSÉE

Cette manière de créer est la plus répandue et la plus simple. Le chorégraphe peut prendre tout son temps en dehors des heures de classe pour imaginer sa pièce. Il détermine seul les déplacements, les mouvements, les choix musicaux et les sous-groupes éventuels. Pour ma part, j’invite souvent mes élèves à faire des propositions musicales. J’ai observé qu’ils sont bien plus motivés quand ils aiment la pièce sur laquelle ils dansent!

Cette méthode convient à tous les niveaux, particulièrement aux groupes débutants et non homogènes. À ce stade, les élèves ont en effet besoin d’être davantage encadrés et dirigés pour apprendre et maîtriser leurs enchaînements. Il incombe toutefois à l’enseignant d’identifier le moment le plus propice à l’apprentissage de sa chorégraphie en classe.

LA CRÉATION COLLECTIVE

Cette option implique de prendre du temps en classe pour créer la chorégraphie. Je la recommande pour les groupes avancés, qui ont un vocabulaire plus important et maîtrisent mieux leur art. Ils ont aussi une meilleure connaissance et compréhension des notions musicales et du rythme, ce qui rend le processus de création plus efficace.

Le chorégraphe peut travailler avec le groupe complet au moyen de l’improvisation ou en lui demandant directement ses idées. La démarche est plus longue mais il faut faire comprendre aux élèves qu’elle ne constitue pas pour autant une perte de temps… Il est important d’explorer et de ne retenir dans la chorégraphie que des mouvements adaptés à leur âge (je fais notamment référence à l’hypersexualisation) et à leur développement physique.

Il est aussi possible de travailler en sous-groupe et de laisser les jeunes créer seuls. Le chorégraphe peut ensuite choisir certains enchaînements et les assembler les uns après les autres. Dans ce cas, il doit faire attention à intégrer des transitions entre les sections pour garantir la cohérence de la chorégraphie finale.

Dans le cadre d’une création collective, on remarque un fort sentiment d’appartenance et une grande fierté au sein du groupe. Le niveau de motivation et le désir de dépassement sont supérieurs à ceux observés dans un contexte de chorégraphie imposée.

POURQUOI PAS LES DEUX?

Pour ma part, j’aime bien jongler entre ces deux méthodes. Je chorégraphie en dehors des heures de cours et je réserve du temps en classe pour faire participer mes élèves. Je crée par exemple une section de la pièce avec eux pour leur faire prendre conscience de l’imagination, de l’énergie et du temps que cela requiert de chorégraphier tout un spectacle! Cela me permet de travailler efficacement tout en introduisant certaines notions importantes de création chorégraphique dès les premiers niveaux d’apprentissage.

EN CONCLUSION

Je crois que la méthode de création devrait être réfléchie par et pour chacun des groupes. Il se peut même que deux groupes du même niveau ne procèdent pas de la même manière… L’important est de comprendre et de respecter leurs besoins respectifs pour les amener à performer sur scène au mieux de leurs capacités. Chaque chorégraphe aurait cependant intérêt à cocréer des enchaînements avec ses élèves, même s’ils ne se retrouvent finalement pas dans la production finale. Ils peuvent s’avérer une belle source d’inspiration!


Un article de Marie-Ève Marcotte

Depuis 1984, Marie-Ève Marcotte pratique plusieurs styles : classique, jazz, moderne, contemporain, pointes, hip hop et lyrique. Elle enseigne depuis plus de vingt ans à des élèves de 3 à 50 ans (niveaux débutant, élémentaire, intermédiaire, avancé et semi-professionnel) et a remporté quatre fois la première place avec ses élèves dans trois compétitions différentes, ainsi qu’un «Hit of the day» à la compétition «Hit the floor Lévis». Elle a récidivé en 2016 avec trois premières places et une troisième place puis en 2017 avec deux premières places et une troisième place. Elle a personnellement gagné deux premières places avec un solo aux compétitions IDance et Hit the floor Lévis en 2016.

Marie-Ève affectionne le mélange de la technique et de la créativité. Elle cherche à communiquer différentes émotions aux spectateurs, avec l’objectif de transmettre le plaisir de danser et de favoriser l’accomplissement de ses élèves. Membre du Réseau d’enseignement de la danse depuis plus de dix ans, elle se forme tous les ans avec Lynn Simonson et Teresa Perez Ceccon lors du stage Simonson. Elle détient la certification RED d’enseignement de la danse jazz (niveaux 1 à 7) et de la danse classique (niveaux 1 à 7), en plus d’agir comme formatrice, évaluatrice et blogueuse pour le RED.

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