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La voix d’un professeur

24 mars 2021
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Est-ce que je compte ? Est-ce que je chante ?

La question la plus fréquemment posée par les enseignants est la suivante : « Dois-je accompagner les exercices en comptant à voix haute ?» La réponse est oui, mais aussi non. Lors de la présentation d’un exercice, les enseignants ont plusieurs options et différentes façons de montrer les exercices à leurs élèves. Nous appelons cet outil le « script »; une combinaison de marquages avec des chiffres, le nom des pas, les directions (in, out, up, down, close) et même des indications pour l’attaque (forte, douce, etc.), le tout accompagné de syllabes inventives – avec inflexions et modulations dans la voix, allant de fortes à murmurées, de toute en puissance à un subtil murmure.

Tout d’abord, la préparation. Ici, les chiffres sont un must absolu, accompagnés d’un tempo très précis. Cela définit le cadre de ce qui est à venir et montre à vos élèves (au pianiste aussi) la structure rythmique précise de l’exercice. Le « et » occasionnel est recommandé pour séparer les séquences, particulièrement quand le temps est lent.

Les options qui vont suivre ne sont pas coulées dans le béton

Pour chaque exercice, pour chaque niveau des élèves, pour les échéances inhérentes à un semestre, chaque option peut contribuer à ce qui peut être considéré comme le mieux, à la fois pour montrer l’exercice et « diriger » les élèves qui effectuent l’exercice. Parfois, ces scripts sont les mêmes et parfois ils peuvent différer, selon la réaction des élèves après la démonstration.

À titre d’exemple, un simple exercice tendu dans une mesure 4/4 en croix peut être simplement compté – un pour le tendu extérieur, deux pour fermer, trois pour le tendu à la seconde, quatre pour fermer, cinq pour le tendu en arrière, six pour fermer. Les temps sept et huit sont là juste pour revenir à la position de départ. Ce script n’utilise que le chiffrage avec l’ajout possible de « et » entre les chiffres.

Pour ajouter des repères à l’exercice, l’enseignant peut commencer par « un » et au lieu du « deux » dire « fermer », par la suite dire « deux » puis « fermer », et ainsi de suite.

Une autre façon d’offrir des « repères » est de dire « tendu », puis « fermer » et de répéter. L’enseignant peut bien entendu jouer avec ses repères, comme dans cette suite : « tendu-fermer-seconde (au lieu de tendu)-fermer ». Ce qui importe dans ce genre de script sans nombre, c’est de rester fidèle au rythme, précisément dans le tempo.

Le script idéal est vraiment un mélange de toutes les indications : les chiffres, le nom du mouvement et les changements de position. Pour être efficace, peu importe l’exercice, il est dicté d’une voix qui module selon la nature du mouvement (forte, fluide, etc.). Certains enseignants trouvent même plus efficace de carrément chanter le script, comme une mélodie qui le traduit.

Plus l’exercice est compliqué et le niveau des élèves élevé, plus le script peut adopter des variations. C’est l’expérimentation qui aidera à voir quelle version de script obtient les meilleurs résultats chez vos élèves. Au fur et à mesure que les élèves font l’apprentissage d’un exercice, une partie du script peut changer pour être remplacée par des mots spécifiques à l’exécution au lieu d’un nombre ou d’une position. 

Les enseignants, quel que soit le « background » de chacun, utilisent souvent des sonorités particulières pour dynamiser leurs démonstrations. Ceux de l’Europe de l’Est, par exemple, utilisent le « ploom ». De la France nous vient le « tac » bien net qui appelle la précision. Le vocable « Swoosh », pour sa part, est utilisé par les Anglo-saxons. Vous pouvez bien entendu développer votre propre vocabulaire afin d’illustrer les mouvements ou les qualités recherchées.

Il serait intéressant de faire un glossaire des vocables onomatopéiques que vous utilisez ou avez entendus des enseignants dans les classes que vous avez fréquentées et de les partager dans un blogue.  Écrivez-moi elaine.gaertner@esbq.ca avec vos syllabes!

Légende de la photo : Professeure Anne Dryburgh avec son élève Andrea Dumont. Les options : « arabesque », « en haut » ou  « quatre » ?

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Un article de Elaine Gaertner

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